Comment résoudre le problème du manque d’éducation financière des français?

Les français ont besoin de conseils sur les questions financières

Depuis plusieurs années, l’insuffisance des connaissances financières des français est devenue apparente, suite aux résultats de diverses études testant la capacité à répondre à des questions voulues basiques sur les sujets financiers. En réponse à ces résultats décevants , une stratégie nationale d’éducation économique, budgétaire et financière a été mise en place en 2016 par les pouvoirs publics, avec notamment la mise en place du portail internet Mesquestionsdargent.fr. En 2019, une première enquête sur l’éducation financière en France a été réalisée pour la Banque de France afin de tester les premiers résultats de cette politique d’éducation, et d’évaluer le niveau actuel des connaissances financières des français.

Les résultats de cette enquête mettent tout d’abord en évidence un degré de connaissances encore largement perfectible, avec près de 60 % des personnes interrogées ne  maîtrisant pas l’effet de l’inflation sur leur pouvoir d’achat ou le calcul d’un intérêt sur un placement. En particulier, les français montrent un fort manque de confiance en leurs compétences financières, avec seulement 17% estimant avoir un niveau de connaissances élevées. Ce chiffre bas peut directement mis en relation avec le sentiment de ne pas suffisamment disposer d’informations fiables et neutres sur les sujets financiers. 43% des sondés estiment en effet ne même pas disposer de suffisamment d’informations pour gérer leur budget, et plus de la moitié ne se sentent pas assez informés pour placer leur argent au mieux ou choisir le crédit le plus avantageux.

L’attrait pour l’humain est toujours fort

L’enquête de la Banque de France met ainsi en évidence le besoin d’éducation financière toujours fort des français, et confirme l’importance des initiatives actuelles du gouvernement. Cependant, alors que le portail d’information mis en place est sans aucun doute un pas dans la bonne direction, le format choisi n’est pas nécessairement le plus adapté pour développer les compétences financières des français.

En effet, une étude de 2019 sur les français et les nouveaux services financiers souligne l’importance pour les français d’un juste équilibre entre conseil digitalisé et physique pour gérer leurs finances. Ainsi, 47% des français sont réfractaires au conseil digitalisé (en augmentation de 9 points par rapport à 2018) : l’attrait pour l’humain est donc toujours fort, voire renforcé par la digitalisation. 16% des sondés déclarent refuser même refuser tout contact virtuel pour les aider sur les questions financières. Ainsi, les outils de conseils virtuels sont inadaptés pour une large partie de la population.

L’étude de la Banque de France met de plus en évidence que les sources d’informations les plus influentes lors de la souscription à des services financiers sont d’abord les informations fournies par le personnel de banque, la recommandation d’amis ou famille ou la recommandation d’un conseiller financier indépendant. Ceci souligne encore une fois l’importance du contact humain lors d’une prise de décision financière, qui peut facilement s’expliquer par l’existence d’une relation de confiance, et la possibilité d’avoir une discussion permettant de mieux comprendre les répercussions de la décision. Le rôle de pédagogue joué par un connaisseur des produits financiers permet aussi sans doute une meilleure acquisition et compréhension des informations, moins facile à obtenir par la seule utilisation d’un outil digital.

Des conseillers d’un nouveau genre?

La mise en relation de ces deux études met en évidence une lacune dans l’éducation des français, mais qui ne peut pas être comblée seulement par le développement de nouveaux outils digitaux. Si le développement de plateformes comme Mesquestionsdargent.fr est de toute évidence une étape utile, il ne faut surtout pas négliger l’importance de l’humain. Mais alors que les mieux placés pour éduquer sur les questions financières semblent être les conseillers financiers indépendants, formés à cette tâche et offrant un avis objectif, seuls 13% des français utilisent aujourd’hui leurs services, et leur mode de fonctionnement actuel ne les rend accessible qu’aux classes de la population les plus aisées.

Finalement, dans une optique d’éducation financière, il semble donc essentiel de trouver de nouvelles solutions pour démocratiser l’accès à des conseillers spécialisés d’un nouveau type, qui pourront fournir au plus grand nombre des conseils personnalisés, pédagogues, et profitables sur le long terme.

 

 
Publié dans Valeur du conseil.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.